PORTRAIT DE CHIKUNGUNYA
Images : 40 | Non choix : 74 12
S’IL TE PLAÎT, DESSINE-MOI UN VIRUS...
Beaucoup plus menu qu’une cellule, un peu plus qu’une bactérie, le virus confine à l’infiniment petit. Sa taille est en général inférieure à 250 nanomètre. Doté d’une membrane et d’un matériel génétique rudimentaire, il ne peut se reproduire sans hôte comme tout bon parasite. Il est tellement élémentaire que le monde scientifique se pose même la question de savoir s’il fait parti du monde vivant ou non ! Presque une question philosophique... C’est en quelque sorte le kit de survie de la Vie. À l’institut Pasteur, on étudie ce mort-vivant avec des moyens impressionnants. Il y a quelques mois, l’équipe de Félix Rey a pu tirer le portrait du virus du Chikungunya. Pour celà, il a fallut suivre un process très compliqué. Des protéines de virus - isolées du génome viral, pour ne pas prendre de risques - sont mélangés à une culture in vitro de cellules de drosophiles, génétiquement modifiées. Celles-ci sont chargées de produire les protéines du virus en grande quantité. Ces protéines sont marqués par des tags, comme on marque un troupeau de moutons. Lorsque la densité des cellules est suffisante, la solution obtenue passe dans un chromatographe d’affinité, un long tube qui retient les “tags” et donc les protéines liées, laissant le reste migrer librement. Une énergique centrifugation débarrasse les protéines des cellules devenues encombrantes. Elles sont ensuite placées dans un robot de cristallisation pour être testées en doses infimes avec divers produits chimiques qui vont induire leur cristallisation. Avec les meilleurs produits candidats, de plus gros cristaux sont créés et stockés dans une salle climatisée qui leur est dédiée. Les plus beaux d’entre eux sont plongés dans l’azote liquide puis emmenés au synchrotron Soleil à Saclay, en région parisienne. Le synchrotron est un gigantesque anneau de 115 mètres de diamètre, un accélérateur de particules capable de générer des rayons x très “purs” presque comme un laser. Les cristaux réfrigérés sont placée, sous le Soleil exactement, en bout de ligne de lumière. Un déluge de rayons X plus tard, un capteur numérise les diffractions de la structure cristalline. Suit un travail de reconstruction à l’aide de la suite de logiciel CCP4. La structure intime du cristal prend forme. Les filaments des trois familles de protéines entortillés sur eux-même parés de fausses couleurs pour bien les différencier et associés aux images de virus en microscopie électronique, révèlent enfin le portrait du virus...
~~~~~~~~
Images : 40 | Non choix : 74 12