LE TRÉSOR DES MICRO-ALGUES MARINES
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Énergie, santé, alimentation, espace… De formes et de couleurs infinies, présentes dans l’œil humain ou dans les plumes du flamant rose, les micro-algues, véritables ancêtres de l’évolution apparus il y a plus d’un milliard d’années, peuvent servir à tout… Les chercheurs sont sur la piste, et les premières applications sont là ! Recherche À l'IFREMER de Nantes, un laboratoire de pointe observe et dissèque les micro-algues sous toutes leurs coutures, en les soumettant aux rayons du microscope électronique à balayage. Les chercheurs y disposent d'une algothèque, riche de près d'une centaine d'espèces, dont les formes et les couleurs sont des plus variées. Objectif : repérer ce qui dans leurs structures et fonctions peut être utile ou néfaste pour l’homme. Énergie A l'heure où les énergies fossiles s'épuisent inexorablement, les micro-algues vont-elles contribuer à résoudre en partie la question de l’approvisionnement énergétique de l’humanité? C'est dans cette voie que travaille le biologiste marin Jack Legrand, du CNRS de Nantes, qui a mis au point un réacteur à hydrogène… qui carbure aux micro-algues ! Il étudie en effet leur métabolisme, qui les rend capable de produire de l'hydrogène, à partir de l'énergie solaire et de l'eau. Or, l'hydrogène est une des voies d'avenir les plus prometteuses pour constituer une source d'énergie alternative renouvelable aux énergies fossiles... Environnement Elles s’appellent Dinophysis ou Pseudonitzschia, et sont prêtes à envahir nos côtes. Lors du printemps à venir, comme chaque année, le littoral français va en effet subir des « blooms », ou explosions massives de micro-algues.  Des milliards d’entre elles se mettent subitement à proliférer, grâce à l’apport de nutriments printaniers, donnant à la mer une coloration rouge, noire ou verte en fonction de l’espèce concernée. Un réseau de surveillance de l’IFREMER a en charge l’analyse de ces micro-algues, dont certaines, toxiques, peuvent contaminer les crustacés consommés par l’homme. Depuis l’espace, des satellites détectent leur présence, et donnent l’alerte aux Autorités sanitaires. Santé-médecine L’étude de la micro-algue chlamydomonas a permis à une équipe française, basée à Paris, d’identifier le gène dont la mutation est responsable d’un trouble respiratoire rare. Conservé au fil de l’évolution, le cil qui permet à l’algue de se déplacer est en effet le même que ceux qui, en battant régulièrement, éliminent les impuretés présentes dans l’air que nous inhalons... Au laboratoire ISOMER de Nantes, les scientifiques sont quant à eux à la poursuite des molécules d’intérêt anti-cancéreux présentes dans de nombreuses micro-algues. Alimentation-cosmétiques Pour la première fois en France, une micro-algue (Odontella) a obtenu une autorisation d’utilisation en alimentation humaine. Elle entre dans la composition de gélules destinées à fortifier les cheveux. Les micro-algues sont déjà largement utilisées dans les cosmétiques (crèmes, shampoings), ou pour nourrir des larves de poissons d’élevages (turbots). En Allemagne, des patisseries et du pain aux micro-algues sont déjà proposés aux consommateurs.  Espace Dans le cadre du programme de l’Agence spatiale européenne MELISSA, qui vise à embarquer dans un vol habité vers mars (trois années de voyage) une station biologique autonome de recyclage des déchets et de production d’aliments, les chercheurs du laboratoire ISOMER de Nantes ont mis au point un bioréacteur destiné à fournir aux cosmonautes de demain leur ration quotidienne… de micro-algues !
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